La pension de réversion permet au conjoint survivant, et dans certains cas à l'ex-conjoint, de percevoir une partie de la retraite dont bénéficiait ou aurait pu bénéficier la personne décédée. En France, les règles diffèrent selon qu'il s'agit du régime général de la Sécurité sociale ou du régime complémentaire Agirc-Arrco. Il est donc essentiel de bien distinguer les conditions d'attribution et les modalités de calcul propres à chaque régime.
Qu'est-ce que la pension de réversion ?
La pension de réversion est un dispositif de protection destiné à compenser partiellement la perte de revenus consécutive au décès d'un conjoint. Elle ne concerne pas uniquement les retraités : elle peut également être versée lorsque la personne décédée n'avait pas encore liquidé sa retraite mais avait acquis des droits.
La pension de réversion du régime général
Le régime général couvre principalement les salariés du secteur privé ainsi que certaines catégories de travailleurs affiliés à l'Assurance retraite.
Les conditions pour en bénéficier
Avoir été marié avec la personne décédée
Seul le mariage ouvre droit à la pension de réversion. Les partenaires pacsés et les concubins en sont exclus, quelle que soit la durée de leur vie commune. En revanche, les ex-conjoints divorcés peuvent prétendre à la réversion.
Avoir au moins 55 ans
Le conjoint survivant doit être âgé d'au moins 55 ans pour demander la pension de réversion du régime général.
Respecter une condition de ressources
Contrairement au régime complémentaire, le régime général soumet l'attribution de la pension à un plafond de ressources.
Au 1er janvier 2026, les ressources annuelles brutes ne doivent pas dépasser :
- 25 001,60 € pour une personne seule ;
- 40 002,56 € pour une personne vivant en couple.
Toutes les ressources ou celles du ménage sont prises en compte à l'exception de certaines ressources qui sont exclues.
Les ressources ne comprennent pas :
- Les revenus d'activité et de remplacement du conjoint ou ex-conjoint décédé
- Les pensions de réversion versées par les régimes obligatoires complémentaires,
- Les revenus des biens mobiliers et immobiliers acquis en application des droits du conjoint ou de l'ex-conjoint décédé.
Les revenus d'activité ne sont pris en compte qu'à hauteur de 70 % de leur montant.
Les ressources prises en compte lors de la demande de pension de réversion sont celles des 3 mois civils précédant la date d'attribution de la pension de réversion. Lorsqu'elles dépassent le quart du plafond de ressources applicable, ce sont les ressources des 12 mois civils précédant la date d'attribution de la pension de réversion qui sont prises en compte.
Quel est le montant de la pension ?
La pension de réversion du régime général représente 54 % de la retraite de base que percevait ou aurait perçue la personne décédée.
Toutefois, la pension peut être réduite si l'ensemble des ressources du bénéficiaire dépasse les plafonds réglementaires.
Répartition en cas de divorce
Lorsque le défunt a été marié plusieurs fois, la pension de réversion du régime général est répartie entre le conjoint survivant et les ex-conjoints divorcés, proportionnellement à la durée de chaque mariage.
La pension de réversion du régime complémentaire Agirc-Arrco
L'Agirc-Arrco est le régime de retraite complémentaire obligatoire des salariés du secteur privé.
Des conditions différentes
Le mariage reste obligatoire
Comme pour le régime général, seuls les conjoints et ex-conjoints mariés peuvent bénéficier de la réversion. Le PACS et le concubinage ne donnent aucun droit.
Âge minimum de 55 ans
Pour les décès intervenus depuis le 1er janvier 2019, la pension de réversion Agirc-Arrco est attribuée à partir de 55 ans.
Certaines exceptions existent, notamment en cas d'invalidité ou lorsque le bénéficiaire a deux enfants à charge.
Absence de condition de ressources
C'est l'une des principales différences avec le régime général : aucun plafond de ressources n'est appliqué par l'Agirc-Arrco. Les revenus du conjoint survivant n'ont donc aucun impact sur l'ouverture du droit.
Une condition de non-remariage
L'Agirc-Arrco prévoit qu'un conjoint ou ex-conjoint remarié ne peut pas percevoir la pension de réversion. Si le bénéficiaire se remarie alors qu'il perçoit déjà la réversion, celle-ci est définitivement supprimée.
Quel est le montant de la pension ?
La pension de réversion Agirc-Arrco correspond à 60 % des droits à retraite complémentaire acquis par le salarié ou retraité décédé.
Comme pour le régime général, lorsqu'il existe plusieurs ayants droit (conjoint et ex-conjoint(s) non remariés), le montant est réparti selon la durée respective des mariages.
Tableau comparatif des principales règles
| Règles |
Régime Général |
Régime complémentaire Agirc-Arrco |
| Mariage |
Obligatoire |
Obligatoire |
| PACS/Concubinage |
Pas de réversion |
Pas de réversion |
| Âge minimum |
55 ans |
55 ans |
| Conditions de ressources |
Oui |
Non |
| Taux de réversion |
54 % |
60 % |
| Ex-conjoint divorcé |
Eligible |
Eligible |
| Remariage |
Sans incidence |
Supprime le droit à réversion |
Ce qu'il faut retenir
La pension de réversion reste un dispositif essentiel pour préserver le niveau de vie du conjoint survivant. Les règles diffèrent toutefois fortement entre le régime général et l'Agirc-Arrco. Le régime général applique une condition de ressources et verse 54 % de la retraite de base, tandis que le régime complémentaire attribue 60 % des droits acquis sans condition de revenus, mais avec une obligation de ne pas être remarié.
Avant toute démarche, il est donc recommandé de vérifier ses droits auprès des organismes concernés ou via le portail officiel Info Retraite.
Demandez conseil à votre conseiller Gan Patrimoine !
Sources : service public, Circ. Cnav 17 du 11-4-2005, modifiée par Circ. Cnav 11 du 9-2-2009